** Dune, 2021.

Une quarantaine d’années après l’échec de David Lynch, Denis Villeneuve a essayé d’adapter au grand écran le roman éponyme célèbre de Frank Herbert. L’action se déroule dans un futur lointain. Le duc Leto Atréides (Oscar Isaac) devient un gouverneur de la planète Arrakis ou Dune. Cette planète est très importante pour l’Empire transgalactyque à cause de grands vers produisant «l’Épice», une drogue indispensable pour les voyages interstellaires. Bientôt, l’Empereur Shaddam IV a envoyé sur Dune ses légions pour aider à baron Vladimir Harkonnen (Stellan Skarsgård) d’écraser la maison d’Atréides. Le duc et ses gardes sont tués, mais son fils Paul (Timothée Chalamet) et sa concubine Jessica (Rebecca Ferguson) se cache dans les déserts de Dune avec les peuple autochtone de cette planète, les Fremen, qui prennent Paul pour l’Élu des anciennes prophéties. À suivre…
Dune 2021

La première chose qui doit être prononcée juste au debut d’une conversation sur «Dune», c’est le fait que le film de Villeneuve n’est pas un film complet à valeur requise. On doit le considérer juste comme un tiser, une exercice de style, des tests d’écran. La super-tâche de Villeneuve, qui est un fan du roman depuis sa jeunesse, est sans doute non seulement de créer le film sur Dune, mais de créer le monde de Dune et y habiter aussi longtemps que possible, juste comme Alexeï German pendant le tournage de ses deux derniers films. Le processus est beaucoup plus important pour le réalisateur qu’un résultat. C’est pourquoi le film est longue et lent comme une série, c’est pourquoi on a l’intention de créer au moins deux films.
Le matériel du roman s’est avéré plus grand est sérieux pour les ambitions de Villeneuve. Malgré la vitesse baisse de narration, les pensées globales d’Herbert sur la politique, le pouvoir, l’écologie ont enfui le film. En effet, c’est une situation ordinaire pour les adaptations de grands romans et une situation attendue, vu que Villeneuve est plutôt le réalisateur de petite forme. Ce qui est bien pire, c’est la perte d’émotions dans le film. Le laconisme émasculé de la représentation visuelle, dont nous parlerons bientôt, a également affecté le jeu d’acteurs et les images des personnages. Presque tout l’ensemble des acteurs joue non seulement avec réserve, mais aussi d’une manière très stéréotypée, soit un monarque sage d’Isaac, le méchant principal de Skarsgård, un guerrier courageux de Momoa etc. C’est un ensemble de stéréotypes appropriés dans Star Wars, mais pas dans un film qui prétend être de la science-fiction intellectuelle (et il ne peut en être autrement, car Villeneuve, malheureusement, ne sait pas tourner les scènes de bataille et d’action). Bien que le talent de Skarsgård soit incomparable à celui de Kenneth McMillan, le baron de 2021 est incomparablement plus ennuyeux que celui de 1984. Vu que tous les acteurs sous-jouent, un jeu émotionnel sur le point d’hystérique de Rebecca Ferguson semble très «trop» dans ce film. Quant à Timothée Chalamet, il n’a ni force intérieur ni talent pour jouer un messie. Il juste joue un personnage qui ne peut que prétendre d’être lui depuis le vrai début de film. C’est triste que Keanu Reeves est vieux aujourd’hui, parce qu’il a toujours réussi à jouer les rôles d’élus.
Qu’est que le film, privé dans sa narration de l’amour, de l’humeur, du suspense, de la peur, de toutes les émotions fortes (l’une scène de Lynch où le baron boit le sang d’un jeune homme, malgré le jeu très non naturel de deuxième plan, est plus interessante et émotionnelle que tout le film pris en considération), peut nous donner ? La beauté. Pas la beauté d’un désert comme quelqu’un écrit, parce que le désert d’Arrakis est mort et sombre. Si vous voulez de voir un désert vraiment cinématographique, il faut regarder «The Sheltering Sky» de Bernardo Bertolucci ou «Mad Max: Fury Road» de Georges Miller. La beauté de style laconique sur tous les niveaux de la direction artistique. Les paysages rocheux vides riment avec d’immenses salles vides, rappelant toujours des grottes. La couleur des décors et des costumes (il n’y a pas tout à fait du baroque lynchien) s’accordent parfaitement à la moindre nuance et forment une palette détaillée, construite sur seulement deux couleurs : le jaune et le gris. Bien que l’espace de l’écran est plat et unidimensionnel comme d’habitude dans le cinéma de grand public hollywoodien, la photographie de Greig Fraser est incroyable beaux. Je ne me souviens pas un film où le chef opérateur travaille si bien avec des objets hors la zone de mise au point de l’objectif et utilise si bien l’image floue en raison de l’utilisation d’hologrammes, de boucliers protecteurs, d’ailes d’ornithoptères, ou du fait que les personnages sont cachés par une tempête de sable.
C’est à dire, «Dune» n’est pas un film pour réfléchir ou sentir (pas pour écouter non plus, parce que la musique de Zimmer est très de fond et ordinaire et le niveau de sons est pauvre), c’est un film pour voir et regarder.

1. «Дюна» Вильнёва не является полноценным фильмом, и не должна таковым восприниматься. Это скорее тизер и упражнение в стиле.
2. Сверхзадача обожающего роман режиссёра — создать себе мир «Дюны» и пожить в нём как можно дольше за счёт студии WB. Отсюда общая медитативность и пейзажность картины.
3. На уровне production management фильм очень цельный — идеально выверенная лаконичная палитра тусклого жёлтого и насыщенного серого. Полный минимализм, корабли самых простых геометрических форм и отсутствие яркого барочного стиля, который местами пытался создать когда-то Линч.
4. Абсолютно завораживающая работа оператор Грега Фрэйзера. Как всегда в Голливудском мейнстриме, здесь нет глубокого многопланового пространства, но как Фрэйзер работает с зонами нерезкости! Я давно не видел фильма, где так красиво умеют использовать расфокус и общую размытость кадра.
5. Пейзажи хороши, но они очень сдержанно сняты. Пустыня здесь, как и полагается, абсолютно мёртвая, без души. Хотите красивую пустыню — смотрите Бертолуччи или Миллера.
6. На этом фоне работа со звуком очень и очень скромная, а музыка Циммера скорее фоновая и не запоминается.
7. Материал, конечно, оказался слишком серьёзным для Вильнёва. В итоге даже при обилии диалогов (от этого трудно избавиться) и почти сериальном темпе пропадают политические и прочие экологические подтексты Герберта.
8. Также не хватает эмоционального наполнения. Актёры очень сдержанно играют и, скорее недоигрывают или играют шаблоны (мудрый сказочный царь Оскар Айзека). В итоге эмоциональная игра Ребекки Фергюсон смотрится как жуткое переигрывание. Что касается Тимоти Шаламе, то, простите, но он лишь играет человека, претендующего на статус избранного, причём с первого кадра. У него в силу возраста или ещё чего-то нет внутренней силы. Жалею, что Киану Ривз стар, чтобы сыграть Пола. У него такие роли очень хорошо получались.
9. В фильме нет любви, нет саспенса, нет ярких батальных сцен (Вильнёв их не умеет снимать), нет подлинных эмоций. Это тоже элемент стиля, но для меня одна сцена у Линча, когда барон пьёт кровь юноши, при всей наигранности второго плана, более эмоциональная и сильная, чем весь фильм Вильнёва.

** No Time to Die, 2021. Elle s’appelle Bond

C’est, en fait, «Time to Die» au contraire au titre du 25e film officiel sur James Bond. L’ère d’un Bond suivant est terminé. Daniel Craig quitte la franchise juste après ce film de Cary Joji Fukunaga. C’est symboliquement que pendant la pause entre Bond 24 et Bond 25, deux James Bonds sont morts – Roger Moore (2017) et Sean Connery (2020). Dans le film de Fukunaga, Bond est un retraité qui vit seul après la rupture avec Madeleine Swann (Léa Seydoux) — Bond pense qu’elle l’a trahi il y a 5 ans quand Bond a failli mourir suite à un attentat en Italie sur la tombe de Vesper Lynd. Mais «il n’y a pas d’ex» parmi les agents spéciaux. James Bond est persuadé par Felix Leiter de CIA (Jeffrey Wright) de lui aider à trouver un certain Valdo Obruchev (David Dencik), un scientifique du MI6 qui a developper une arme biologique et qui a été kidnappé par un malfaiteur Lyutsifer Safin (Rami Malek). Cette arme «Héraclès» peut être diffusée comme un virus ordinaire, mais elle n’affecte qu’une personne avec un ADN spécifique. Après l’échec de CIA, Bond reviendra à MI6 avec la même tâche de trouver Safin et Obruchev, bien que M (Ralph Fiennes) ait déjà embauché un autre agent 007 — une femme Nomi (Lashana Lynch).

No Time To Die 2021
N’étant pas un Bond le plus vieux, Daniel Craig est, en tout cas, très vieux pour ce rôle. En effet, un agent retraité, pas très actif, est un très bon sujet pour partir dignement. Bien sûr, ça limite la quantité des scènes d’action, surtout de combat rapproché — c’est drôle de regarder Craig de se battre contre Dali Benssalah qui est presque deux fois plus jeune. Ce n’est pas étonnant que Bond ne le batte qu’avec une technologie de Q. La bondiade de Craig était, peut-être, la bondiade la plus cohérent grâce aux liens entre toutes les cinq séries. Il y avait beaucoup de personnages communs entre les séries, pas seulement Q, M, 007 et Moneypenny. Le chemin de 007 a été parcouru du début à la fin — de la première tâche à la dernière. Une certaine nombre de personnages principaux ont été tués, et c’est le temps de tourner définitivement la page. Comment ça a été fait ?
La chose la plus interessante de tous les films de Bond, c’est la réaction de la série sur les processus sociales, économiques et politiques de chaque époque. Quand on a réalisé qu’un jeu d’effets spéciaux n’était pas très convenable pour un thriller d’espionnage et c’est le territoire de la fantasy et de la science-fiction, on a prudemment renouvelé la franchise après «Die Another Day» (2002) comme quelque chose plus réaliste. Non seulement Bond de Craig était (et reste) le Bond le plus humain, mais «Skyfall», le meilleur film avec Craig, et peut-être, le meilleur dans toute la franchise sauf «Dr. No», a complètement renoncé aux gadgets : seulement une radio, une vieille voiture et des grenades artisanales dans le style des guérilleros de l’IRA. Les producteurs ont dans le temps pris en comte le rétrécissement de la société de consommation. «Skyfall» est la culmination de Craig. Quels signes des temps peut-on trouver dans le dénouement ? Premièrement, c’est le virus. Incroyable, mais les créateurs du film ont commencé à travailler sur le sujet d’un virus mortel un an et demi avant de la tragédie mondiale de coronavirus, dont la présence a retardé la première du film d’un an, créant un écart presque sans précédent de 6 ans entre les deux films. Aujourd’hui, quand même des super-héros ont des familles (Superman, Ironman), un homme à femmes aurait l’air très démodé. Les temps sont conservateurs maintenant, et le mouvement #MeToo a rend ce type de masculinité un peu toxique. Comme résultat, Bond se couche avec la femme juste une fois, et cette femme est la mère de son enfant. Soit dit en passant, avec la bravade (partie à cause de l’âge du héros) et la détente sexuelle, les paysages lumineux ont disparu aussi. Les aventures se déroulent dans les forêts désolées de Norvège, sur une base militaire froide, à Matera (il est difficile d’imaginer une ville plus étrangère pour Bond classique — l’une des régions les plus déprimées d’Italie).
Les mots du titre de cette revue font référence aux deux héroïnes. Premièrement, c’est Mathilde, une fille enfin née après 60 ans de promiscuité de son papa. Deuxièmement, c’est un nouveau l’agent 007, Nomi, une femme noire très adroite. Avant, ce type de femmes pouvait être juste une arme dans les mains du protagoniste (Halle Berry dans «Die Another Day») ou antagoniste (Grace Jones dans «A View to a Kill»). Maintenant, elle est une employée de MI6, et elle a même déjà obtenu le permis pour tuer. Elle n’a pas encore le permis pour boire tout ce qui brule et baiser tout ce qui bouge, mais, peut-être, c’est une question du temps. En tout cas, c’est une petite victoire de féminisme (bien que «male gaze» reste), déjà prédite par David Fincher dans «The Girl with the Dragon Tattoo».
Ce qui est étonnant, c’est le retour de poncifs et cliches démodés, comme si, après s’être adaptés à de nouvelles coutumes, les auteurs manquaient de fantaisie. La base russe où un méchant laid forge des armes pour détruire le monde. Sérieusement ? Un cliché de l’époque de Moore et Brosnan au XXIe siècle ? Nous espérons que ces sujets mourront avec la figure de Bond de Craig, et on va vraiment renouveler la franchise pour nous surprendre dans le bon sens.

1. Перед авторами стояла задача достойно перевернуть последнюю страницу Бондиады с Крейгом. Учитывая возраст актёра, который потерял форму раньше Роджера Мура, игравшего до 58, Бонда благоразумно сделали пенсионером, который уже 5 лет как не у дел (разница между Бондом 24 и Бондом 25 должна была составлять 5 лет).
2. Из-за возраста стало меньше эффектных сцен и трюков, особенно рукопашных схваток.
3. Авторы бондиады, как всегда, попытались чутко уловить общественные процессы, прежде всего, движение MeToo и другие победы феминизма. В результате донжуанство Бонда было уничтожено и бывший агент 00 ложиться в постель с женщиной один единственный раз, и то с матерью своего ребёнка (!).
4. Видимо, в результате этого консерватизма и старения героя, из фильма пропали яркие пейзажи — набор локаций (депрессивный юг Италии, Норвегия, военная база на Курилах) и визуальное решение довольно скромные.
5. Удивительна прозорливость сценаристов, отработавших тему смертельного вируса до эпидемии Ковид-19.
6. То, что новым агентом 007 стала чернокожая женщина, — это победа феминизма, предсказанная ещё Финчером в «Девушке с татуировкой дракона».
7. На фоне попыток придать Бонду максимум человечности (плейбой Железный Человек завёл семью, чем Бонд хуже), удивляет использование заезженных ещё во времена Мура и Броснана клише основной сюжетной линии. Русская военная база, на которой некрасивый главный злодей готовит оружие для уничтожения мира — слишком старомодно для XXI века.
8. Глава с Крейгом была самой цельной благодаря сюжетным связям между сериями. Сейчас, когда многие ключевые персонажи убиты, очевидно, нас ждёт очередной перезапуск, и хотелось бы, чтобы нас удивили в хорошем смысле слова.
9. Фильм, конечно, обладает излишним хронометражем. Это не мешает, но и не отметить это нельзя.
10. Название «Не время умирать», конечно, должно звучать «Время умирать».

Sacha Baron Cohen — 50

Мазаль тов!
Сегодня (13 октября 2021) юбилей у Саши Барона Коэна — 50 лет.
На мой взгляд, это лучший комик современности. Он не просто талантливый актёр, который выразительно играет и здорово перевоплощается в разных персонажей. Саша Барон Коэн — тонкий человек искусства, который одной ногой стоит в культурных традициях прошлого, а другой — в актуальных процессах настоящего. Его фильм «Борат» прекрасен тем, что в нём во-первых, во всей красе проявляется раблезианский карнавал, поданный не просто как набор откровенных шуток ниже пояса, а вписанный в обычную и даже местами почти в великосветскую жизнь. Это карнавал, который не остаётся в рамках полностью выдуманного мира, как в каком-нибудь «Мальчишнике в Вегасе», а вступает с миром в конфронтацию. И вот здесь Борат вступает на территорию постмодернистской эстетики, выбирая удивительно точную и смелую форму полного смешения реальности и вымысла. В «Борате» порой просто невозможно понять, какие сцены разыграны актёрами, а какие сняты с доверчивой публикой. И это мастерство в соединении документального и игрового кино завораживает ещё больше. Вторая часть, отмечу, не может достичь высокого уровня, заданного в 2006 и смотрится как самоповтор. С другой стороны, рушащая авторитеты карнавальная сцена в «Борат-2» с Рудольфом Джулиани настолько филигранно сделана, что невозможно ей не восхищаться. Она одна достойна целого фильма.

Useless fact about South Korea

Бесполезный факт, о котором часто забывают — в Южной Корее христиан почти в два раза больше, чем буддистов (хотя меньше, чем атеистов, так что нельзя сказать, что это «христианская страна»).

Dean Stockwell

Dean Stockwell
Между прочим, только что покинувший наш мир Дин Стоквелл был последним живым дважды лауреатом Канн за лучшую роль (Леммон и Мастроянни уже ушли). При этом, что интересно, все 4 актрисы, которые являются дважды лауреатками, живы (Херши, Юппер, Миррен, Редгрейв).
У Дина Стоквелла, кстати, была очень долгая карьера для столь титулованного актёра — он снимался в кино на протяжении 71 года.
P. S. У всех актёров-призёров двойная согласная в фамилии. Статистически это повышает шансы на второй приз Пенна, Миккельсена, Маллана и др.

Dostoevsky by Zholtkevich

Dostoevsky

К юбилею любимого Достоевского, два бюста работы моего прапрадедушки Александра Жолткевича, ученика Бурделя. Прапрадед был революционером, был в ссылке, поэтому Достоевского недолюбливал и на одном из бюстов оставил выразительное двустишье: «Это смотрит из подполья тот, что «Бесов» написал. Я горбатого духовно так и показал».