David Lynch on TV

David Lynch

Как и его любимый Феллини, Линч ненавидел телевидение. Но у Дэвида был другой аргумент — он говорил, что это ящик «создан только и исключительно для продажи продуктов», он не создан для создания и демонстрации фильмов, и последнее не входит в первоочередные задачи телекомпаний («фильм — наименьшее из того, что их интересует»). Я часто говорю о том, что мейнстримовое кино сейчас превратилось в рекламные ролики и создано для продажи игрушек и сопутствующих товаров, но я никогда в таком разрезе не рассматривал телевидение. (Впрочем, я его никогда серьёзно не изучал).

** Don’t Look Up, 2021

Un grand météorite s’approche de la Terre… Un début classique pour un film de catastrophe devient chez Adam McKay le début d’un film satirique. Deux astronomes, Dr. Randall Mindy (Leonardo Di Caprio) et Kate Dibiasky (Jennifer Lawrence) découvrent un météorite qui va tuer la Terre dans six mois. Une réunion d’urgence avec le président des États-Unis ne donne aucun résultat — un général du Pentagone s’avère être un escroc, et le président est une femme narcissique stupide (Meryl Streep), préoccupée uniquement par sa сote de popularité. Ensuite, les héros obtiennent du temps d’antenne sur une émission de télé super populaire. En vain – les scientifiques «n’ont pas suivi de cours de communication médiatique». En résultat, Kate est marquée du sceau d’hystérique, son copain la quitte après l’émission. Dr. Randall plaît beaucoup à la joli présentatrice Brie Evantee (Cate Blanchett) qui lui fait son amant. En tout cas, l’actualité de la météorite s’estompe dans l’ombre en raison du mariage d’une chanteuse de pop. Après un certain temps, l’administration du pays, avec la présidente, revient sur le problème de la météorite, réalisant le potentiel de propagande de la lutte contre un objet extraterrestre. Un milliardaire et magnat des médias un peu autistique Peter Isherwel (Mark Rylance) se porte volontaire pour aider au monde, mais au dernier moment il refuse de détruire la météorite, y ayant trouvé des gisements de métaux des terres rares. Le plan visant à extraire soigneusement le trésor de la pierre cosmique a pris trop de temps à se développer, et en même temps les Russes n’ont jamais appris à lancer des fusées spatiales pour éliminer eux-mêmes la menace…
Dont Look Up

Netflix nous présente un film de sketch plutôt qu’un vrai film long-métrage. En fait, c’est presque un pur pièce de télévision avec beaucoup de dialogues, qui s’intègre parfaitement sur le petit écran. Le scénario a été écrit avant de l’épidémie de COVID-19, mais le film deviendra un commentaire parfait sur l’épidémie et sur toute la guerre de l’information qui accompagne la lutte mondiale contre la maladie. Cependant, au lieu d’un virus ou d’une météorite, absolument tout peut être substitué dans un tel complot. L’idée principale ne changera pas – l’humanité d’aujourd’hui vient de perdre l’esprit critique et est en dépendance totale vis-à-vis des réseaux sociaux et des flux d’actualités d’une minute. Les penses d’auteurs se prévalent sur le contenu et la forme. Ce n’est pas tant parce que les personnages sont stéréotypés et caricaturaux : c’est ainsi que cela devrait être par genre : un magnat sans empathie, un chef de cabinet de la Maison-Blanche très stupide etc. C’est parce qu’il n’y a pas de dramaturgie clair et séquentiel de l’histoire. Le temps de récit pendant ces six mois d’attente saut constamment et la plupart de personnage reste sans changement (par exemple, Mark Rylance dont le potentiel d’acteur est supérieur à celui présenté dans le film). D’autre part, le héros de Di Caprio est nouveau dans chaque scène — tantôt un scientifique timide, tantôt un amoureux éhonté d’une star de la télévision, qui a quitté sa femme et ses deux fils, puis à nouveau un mari fidèle, lisant un mot d’adieu sincère lors du dernier dîner de famille. Les scènes elles-mêmes sont d’actualité et drôles, mais il est dommage qu’elles n’aient pas été liées à une seule ligne dramatique et émotionnelle.

Тезисно:
1. Фильм представляет собой яркую сатиру на современное общество, зависимое от сиюминутного контента соцсетей.
2. Формально фильм о метеорите, но сценарий идеально ложится на современную ситуацию с эпидемией COVID-19.
3. Обладая ярким актёрским составом, фильм по сути распадается на ряд скетчевых сцен. Время повествования хаотично скачет, решения героев непредсказуемо меняются туда-сюда на ходу, а персонажи или крайне шаблонные (что соответствует жанру), или же наоборот постоянно и неоправданно быстро меняются от сцены к сцене (герой Ди Каприо).
4. Картина телевизионная по стилю, как раз хорошо годится именно для маленького экрана.

*** House of Gucci, 2021. Lady Macbeth du district de Milan

Ridley Scott a consacré son dernier projet à la maison de mode Gucci et à l’histoire de guerres féodales autour de la marque. Le premier pas vers la chute était une rencontre dans une boîte de nuit Maurizio Gucci (Adam Driver) avec une Italienne très passionnée et persistante — Patricia Reggiani (Lady Gaga). Rudolfo, le père de Mauricio (Jeremy Irons), un esthète sophistiqué avec une très bonne intuition, a refusé de bénir cette union, et Maurizio a été contraint de quitter sa maison riche et de prendre un travail comme ouvrier dans un dépôt de bus de son beau-père. Après le mariage inévitable, Patricia a commencé d’établir des contacts avec Aldo Gucci (Al Pacino), un frère de Rudolfo. En profitant de l’incompréhension et l’aversion mutuelles entre deux frères et entre Aldo et son fils Paolo (Jared Leto), Patricia a vissé son mari dans le coeur de la maison de couture : très vite, il est devenu un gestionnaire supérieur à New-York chez son oncle. Avec les mains de Paolo, Maurizio envoye Aldo en prison, et suite à la morte de Rudolfo, le héros principal devient le seul propriétaire de l’entreprise. Ici commence le deuxième et très court chapitre de la vie de Maurizio. À la recherche d’argent pour développer son entreprise, il se tourne vers des investisseurs arabes et rompt presque en même temps avec Patricia, réalisant qu’elle est sa Lady Macbeth. Dépourvu de talent managérial, Maurizio est contraint de vendre entièrement sa part aux Arabes, et très vite, il est tué par son ex-femme à l’aide de deux tueurs siciliens à cause de la jalousie et de l’avarice.
House of Gucci

Le réalisateur est un maître, un classique vivant. En racontant cette histoire presque entièrement composée de dialogues et donc ayant une limite mise en scénique, Ridley Scott se concentre plut tôt sur les acteurs. Le casting de film est incroyable – presque chacun est un lauréat d’Oscar (même pour une chanson) ou un lauréat futur (Adam Driver, sans doute). Ridley Scott a même trouvé la place dans cet ensemble pour l’épouse du propriétaire actuel de Gucci – François-Henri Pinault dont la femme Salma Hayek joue un rôle épisodique. Le seul problème du casting de quatre grands acteurs dans les rôles de Guccis et de Lady Gaga comme Patricia, un problème déjà beaucoup cité et noté, c’est manque de vrai ensemble. Tout le monde est bon, mais souvent tout le monde joue sa propre rôle. Lady Gaga est très excentrique et active – mais c’est exactement ce à quoi elle a droit par son rôle — une simple femme stupide qui a grimpé dans la haute société et dont les astuces simples ne la rendaient pas heureuse à long terme. La ligne de Rudolfo Gucci est marquée par la discrétion. Jeremy Irons passe la plupart de son rôle dans l’obscurité de sa villa. Un intellectuel et l’homme d’art mourant, une espèce menacée, un héros romantique («j’ai fait ce foulard pour Grace Kelly !») est une image fréquente de cet acteur. La seule scène où Irons exprime les émotions fortes, c’est un scandal avec Paolo qui a osé utiliser du marron dans ses dessins de vêtements. Assez curieusement, ç’a mis en fureur ce vieux Gucci bien plus que la fuite de son fils de la maison vers une niaise aux gros seins. L’ombre de Rudolfo est son avocat silencieux – Domenico De Sole joué par Jack Huston. Cet homme patient en noir deviendra éventuellement le PDG de la maison de mode après le départ de Maurizio. Adam Driver s’intègre dans ce film beaucoup mieux que dans «The Last Duel». Star Wars a déjà montré qu’il ne peut pas jouer les méchants. Dans «House of Gucci», le flegmatisme de l’acteur, son sourire ironique et son estime de soi intérieure, que Driver apporte à chacun de ses rôles, aide à Driver de devenir le vrai centre du film, un personnage beaucoup plus complexe que celui de Lady Gaga qui crée une image réaliste, authentique et vive, mais plate. La ligne d’Aldo est plus excentrique, surtout Paolo Gucci. Jared Leto, un fan de Gucci dans la vie ordinaire, comme d’habitude, il veut plus que tout que tout le monde voie comment il joue. Son dessin du rôle avec un maquillage complexe et beaucoup d’émotions jouées devient plus important pour l’acteur que le personnage lui-même, qui finit par rejouer gravement et s’envole de l’ensemble (ce rôle a causé le plus de plaintes des vivant Guccis). Quant à Al Pacino, l’acteur le plus grand de ce casting nous donne non seulement l’image d’un homme d’affaires sûr de lui, le rôle ordinaire pour lui, que Al Pacino peut jouer même sans se réveiller. Al Pacino est presque le seul acteur dans le film qui joue la vrai tragédie, une tragédie shakespearienne. Dans cette intrigue sur la lutte pour le pouvoir et l’argent, c’est lui qui est la principale victime de l’intrigue. L’acteur se montre très clairement la victime de la trahison, quoique brièvement (dans «The Irishman», par exemple, son personnage n’a aucun temps de comprendre quoi que ce soit).
Dans l’interprétation de Ridley Scott, l’histoire de Gucci est l’histoire de Macbeth. Le scénario a diminué gravement la quantité de Guccis (en réalité, Aldo avait quatre enfants, Maurizio, deux), et l’histoire a été simplifiée. Ridley Scott raconte une histoire d’une femme obsédée par une passion pour l’argent, qui a utilisé son mari faible pour les intrigues, et a finalement presque rien reçu. À proprement parler, Patricia a perdu beaucoup d’années de sa vie dans la prison, mais elle est libre maintenant et plus riche qu’avant son mariage à Maurizio. Ce drame est sérieux et joué par des gens respectables, donc Ridley Scott limite les images ensoleillées de dolce vita italienne. Souvent, on voit des intérieurs semi-obscurs des maisons de Rudolfo et Maurizio. En même temps, Ridley Scott est à un pas du style d’un film mafieux comme «The Godfather» (à l’exception d’une scène avec une vache, un hommage pur à Coppola). Les tons froids et gris remplacent peu à peu le soleil des premières scènes. Les costumes de ce film sont très beaux et variés (jusqu’au niveau de Wong Kar-wai – nouveaux vêtements dans chaque plan même au sein d’une scène dramatique cohérente), mais il n’y a pas de couleurs chics de Gucci moderne, seulement les costumes classiques et réservés (sauf pour la roturière Patricia). Dans le monde de Guccis, il n’y a pas de chaleur et de la lumière du foyer (c’est très ironique que la cheminée n’apparaît que dans les scènes d’aliénation des époux), parce qu’il n’y a pas de la famille. Le nom et le statut sont bien plus importants pour les créateurs de mode que les vrais liens et valeurs familiaux. Et la phrase «aucun membre de la famille Gucci ne reste dans l’entreprise» devient la principale leçon que l’auteur veut nous transmettre.

Тезисно:
1. Рассказ истории об убийстве Маурицио Гуччи его бывшей женой построен преимущественно на диалогах.
2. В данных условиях, Ридли Скотт старается сосредоточиться на актёрах, так как мизансценически его фильм довольно ограничен.
3. Кастинг фильма прекрасен (почти сплошь одни лауреаты премии Оскар), но каждый актёр играет какую-то свою роль. И если эксцентризм Леди Гаги драматургически оправдан (простушка, которая попыталась влезть на самый верх), то например, Джаред Лето играет очень нарочито и переигрывает (именно его роль больше всего критиковали оставшиеся в живых Гуччи).
4. Аль Пачино и Адам Драйвер прекрасны и на своём месте. Пачино дали сыграть трагедию предательства, которую он не сыграл только что в «Ирландце».
5. Сюжет борьбы за модный дом упрощён и превращён в современное подобие «Леди Макбет» с трагедийным финалом, когда в итоге никто не получает ничего.
6. В фильме довольно мало солнечных пейзажей и ярких костюмов. Историю кровавой борьбы за власть Скотт рассказывает в полутёмных интерьерах вилл, где действуют одинокие холодные персонажи, лишённые крепких семейных связей. Фамилия для них важнее реальной семьи, что и приводит к трагедии.

Равноправие полов

Я долго не мог понять, почему во Франции женщины часто отказываются проходить первыми в дверь, когда им уступаешь. Как мне объяснили, тут двухходовая логика: женщинам приятен знак внимания, они его фиксируют, но дальше пропускают вперёд мужчину, подчёркивая равноправие полов.

Rosenbaum on film experts

Джонатан Розенбаум как-то написал (сейчас я не вижу этот текст на его сайте):
«Понятие экспертизы в кинокритике ужасающе тавтологично: в соответствии с текущей практикой в США, «эксперт кино» это кто-то кто пишет и рассказывает в эфире о кино. Однако, большинство «экспертов кино» нанимаются не на основе своих знаний, а на основе способности отразить существующие вкусы публики. Поздний Серж Дане [бывший главный редактор Cahiers du cinéma и основатель журнала Trafic] прекрасно понимал этот феномен — и показал, что это не эксклюзивно американская практика — когда отметил, что медиа «зовут тех кто не знает ничего, чтобы представлять собой невежество публики и, таким образом, легитимизировать его».
 
Мой вольный перевод.

Erotic vs pornography

Я раньше на лекции об истории секса в кино оперировал двумя определениями отличия эротики от порнографии.
Во-первых, это легендарная фраза «I know it when I see it» судьи Поттера Стюарта на процессе по поводу «Любовников» Луи Маля.
«Я не стану пытаться сейчас точнее определить материал, подпадающий под это краткое описание [«жёсткая порнография»]; возможно, я никогда не сумею дать этому внятное определение. Однако я узнаю́, когда вижу, и фильм, рассматриваемый в этом деле [«Любовники»], — не такой.»
Во-вторых, это положение мужского полового органа – походное или боевое.
Теперь нашёл третье — изящно филологическое:
— Иваныч, а чем отличается эротика от порнографии?
— Когда девушка обнажена — это эротика, а когда голая — это уже порнография!

Кирилл Разлогов

Умер Кирилл Разлогов. Я не буду говорить о его деятельности на разных высоких постах, я расскажу, как он преподавал.
На ВКСР я пришёл уже очень насмотренным человеком и лекции по истории кино часто воспринимал как возможность углубить знания и проявить себя. Лекции Кирилла Эмильевича в цикле исторических лекций стояли особняком. Они всегда были очень короткими — буквально 25-30 минут, а дальше просмотр двух фильмов подряд. Но за это, казалось бы, смешное время, Разлогов успевал рассказать неимоверно много и при этом структурировано. По соотношению «затраченное время/кол-во новой для меня информации» ему на ВКСР не было равных.
Разлогов приезжал на белом LandRover, всегда почти в одном и том же пиджаке. Одна рука всегда во время лекции была в кармане и гремела ключами и мелочью (что затрудняло аудиозаписи его лекций), второй он периодически по-русски и по-французски отвечал на беспрерывные телефонные звонки.
Порой вместо лекции Кирилл Эмильевич мог сказать: «Я понимаю, что вас только что прошедший Каннский кинофестиваль интересует больше, чем итальянское кино 40-х гг., поэтому давайте его обсудим». И дальше начиналось смакование Рейгадаса и Зайдля. Юность, проведённая в Париже, дала Разлогову не только знание языка и неимоверную кинематографическую базу, но и большую внутреннюю свободу.
Что уж говорить, ушёл человек, который был одной из центральных фигур в российском киноведении.
Пусть земля ему будет пухом!

** Triple Agent, 2004. Adjudant de son Excellence

Triple Agent 2004
Dans son film avant-dernier, Éric Rohmer aborde un sujet historique. Il raconte l’histoire un peu modifiée de l’enlèvement du général des Armées blanches Evguéniï Miller (appelé dans le film général Dobrinsky et joué par Dimitri Rafalsky) par un double agent Nikolaï Skobline, un autre ancien général russe ayant émigré en France après la révolution (appelé Fiodor Voronin et joué par Serge Renko). En 1937, Fiodor habite à Paris avec sa femme grecque Arsioné (Katerina Didaskalou). La guerre approche, le gouvernement français tourne rapidement à gauche. Prudent et circonspect, le héros évite des conversations politiques avec ses proches et se méfie de ses voisins communistes. Il travaille dans une association tsariste de militaires russes blancs près de général Dobrinsky. Un jour, Arsinoé, aimant aveuglément son mari et lui faisant toute confiance, apprend par hasard qu’au lieu de Bruxelles, son mari, en fait, est allé à Berlin. Arsinoé soupçonne son mari d’avoir des liens avec les nazis, mais la vérité et le châtiment de la confiance s’avéreront plus terribles…

Triple Agent 2004
Ce beau thriller d’espionnage se déroule dans le style des meilleurs romans de John le Carré qui ne s’intéressait qu’aux émotions cachées de ses agents froides qui doivent souvent sacrifier des êtres chers. Au lieu du suspense de filatures et d’enlèvements, Rohmer se concentre sur les dialogues statiques de Fiodor où chaque mots peut être un mensonge. La caméra statique et neutre de Rohmer nous oblige à tirer des conclusions de manière indépendante et à analyser nous-même le comportement du héros sophistiqué et élégant de Serge Renko (parfois il parle russe, et pour les russes se sont les moments les plus drôles du film, parce que tous les autres acteurs, qui parle russe, fait ça sans accent). Evidemment, le réalisateur veut nous mettre en place d’Arsinoé, une douce femme au foyer, une peintre amateure qui au début ne veut pas et puis ne peut pas plonger dans le travail difficile et dangereux du mari. À propos, en réalité, la femme de Skobline était la célèbre chanteuse russe Nadejda Vinikova. Rohmer voudrait pousser ses héros de parler français chez eux, et il a changé la nationalité de l’héroïne.
Bien que le film soit rempli par les dialogues et presque par seulement les dialogues (parfois lourds en termes de nombre de faits historiques et de noms mentionnés), il est très dynamique. Rohmer saute facilement d’une scène de l’autre au milieu du dialogue et une quinzaine de fois il utilise les titres indiquant le mois et l’année de l’action. En outre, le réalisateur crée l’esprit de l’époque en réunissant ses cadres de fiction avec des cadres de vraies actualités des années 1930. En effet, il tourne une chronique, une chronique intime qui nous permet d’entrer l’appartement du héros et qui nous donne la possibilité de résoudre le secret de cet espion en lisant les moindres changements dans les émotions.
Le film est un peu démodé du point de vue du langage cinématographique (e. g. il est tourné en aspect académique), néanmoins cette histoire triste des temps d’avant-guerre a du charme esthétique.

First comic-strip film ever

Если не брать в расчёт хронометраж, и не ограничиваться полными метрами, то самой первой экранизацией комикса в истории станет нами всеми любимый «Политый поливальщик» – участник первого кинопоказа братьев Люмьер, первая комедия в истории кино, первый фильм с афишей в истории кино, первая экранизация в истории кино.
Так что комиксы и кинематограф идут рука об руку с самого своего рождения.
Ниже источник — «Поливальщик» Херманна Фогеля (1887), кстати, мизансценически более интересный, чем фильм братьев Люмьер.

*** Benedetta, 2021. Churchgirls

Benedetta 2021
Le dernier film de Paul Verhoeven est consacré à la vie de Benedetta Carlini (1590-1661), une nonne italienne de XVIIe siècle. Déformant parfois librement les faits historiques, Verhoeven raconte l’histoire d’une fille Benedetta (Virginie Efira) qui a été placée par ses parents riches dans un couvent en Toscane. Dans le saint monastère, l’héroïne tombent amoureux d’une fille. La soeur Bartolomea (Daphné Patakia) est une paysanne qui a enfuit de son père à cause de viols constants. En même temps, Benedetta, une jeune fille impressionnable, commence à avoir des visions du Christ. Ensuite, elle découvre des stigmates sur elle-même après le sommeil, ce qui alarme l’abbesse Felicita (Charlotte Rampling), parce que François d’Assise a obtenu les siens pendant la prière. Cependant, Benedetta, évidemment choisie par le Christ, est choisie comme une nouvelle abbesse. Une cellule séparée donne enfin à la nonne la possibilité de s’adonner à des passions lesbiennes avec sa sœur. Ce que Benedetta ne sait pas, c’est l’existence d’un trou dans le mur à l’aide duquel l’ex-abbesse obtiendra la possibilité de devenir la témoin d’un coït très blasphématoire. Mais Benedetta a déjà goûté le pouvoir et ne le cédera pas sans se battre…

Benedetta 2021
C’est un vrai plaisir de regarder le film d’un réalisateur qui continue à travailler activement à l’âge d’environ 80 ans sans avoir perdu son expérience et professionnalise. Tout d’abord, «Benedetta» est un beau film (photographie par Jeanne Lapoirie). Si «Elle», le film avant-dernier de Verhoeven, était presque fincherien — sombre et brun, privé des couleurs vivants, «Benedetta» est un film dont la décision coloriste est basée sur un poncif très répandu dans les années récentes — «teal and orange». Bien que l’action de film se déroule en Italie ensoleillée, les scènes extérieures du jour peu en peu cèdent leur place aux scènes intérieurs et les scènes de la nuit. La combinaison du clair de lune et des bougies et torches, banale mais à la mode, donne à une histoire sombre son éclat. De plus, l’utilisation par Verhoeven des rideaux translucides dans ses mis-en-scènes érotiques nous envoye vers von Sternberg et Mizoguchi, des vrais masters des voiles.
En filmant l’histoire d’une nonne-lesbienne, le réalisateur marche sur une pente glissante. Un faux pas — et le créateur s’est glissé dans le marais de «nunsploitation». Dans la filmographie de jeune Verhoeven nous pouvons trouver un film de la renaissance «Flesh and Blood» (1985) dont la représentation naturaliste de sexe et de violence est proche à «Flavia, la monaca musulmana» (1974), l’un des film de nunsploitation classique. En 2021 Verhoeven essaie de trouver un chemin artistique plus profond et réaliste (bien sur, il n’en va pas de même pour la mise en scène des corps féminins, trop beaux et soignés pour la Renaissance, et de plus avec des aisselles rasées). Dans le scénario de David Birke et Paul Verhoeven, on unit trois lignes de la dramaturgie principales : l’amour, la foi et le pouvoir. Aucun éléments peuvent exister sans l’autre et ça crée un récit solide et dynamique. L’image de Bartolomea est simple — c’est une petite diabolique manipulatrice de cheveux noirs qui ne cherche que ses propres plaisirs dans le couvent. Elle a fuit son père cruel et maintenant elle-même joue un rôle masculin en séduisant sa soeur spirituelle et en la pénétrant comme un homme d’une manière choquante pour une personne religieuse. C’est une tout autre affaire — l’image de Benedetta, le personnage le plus compliqué de ce film. Benedetta, sans doute, a beaucoup de force mystique qui peut créer des miracles et stupéfier des gens. Au fur et à mesure de son élévation vers le poste d’abbesse et le statut d’une sainte vivante, nous voyons un changement fort de son comportement, son visage, sa manière d’agir. Sous nos yeux, une douce fille naïve, possédée par d’étranges visions primitives, se transforme en prophétesse démoniaque, possédée par des esprits des ténèbres, dont les yeux peuvent bruler par une flamme noire. Ici on peut, naturellement, se rappeler Nomi manipulatrice de «Showgirls», mais en fait, elle était une criminelle agressive dès le début de film, tandis que Benedetta est une vraie fille vierge au début du film.
Bien que le film n’ait pas la force de commentaire large sociale d'»Elle», le film avant-dernier de Verhoeven, un travail plus radical et choquant (qui peut être choqué par les scènes de torture ou de la peste dans un film sur Renaissance ?), «Benedetta» est le film qui mérite l’attention de spectateur, surtout dans le paysage du cinéma d’aujourd’hui où les sujets religieux ne sont pas si répandus qu’au milieu de XX-e siècle.